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Birmanie / Des églises et des civils chrétiens attaqués par des soldats
Cet article a été publié le 08 novembre 2011
Dans l’Etat de Kachin, une récente attaque de soldats birmans contre des églises et des croyants montre que les civils chrétiens sont aussi visés par l’offensive militaire contre les insurgés.

«Prendre les chrétiens pour cibles n’est pas une chose rare dans les zones de conflits au Myanmar», a dit par téléphone Nawdin Lahpai, rédacteur en chef du groupe Kachin News, faisant référence aux tirs militaires sur une église, à la détention d’un prêtre et de quatre paroissiens et à l’incendie du bâtiment d’une église dans l’Etat de Kachin. «Ces incidents reflètent la politique de longue date du gouvernement à majorité bouddhiste birman, qui discrimine les minorités ethniques chrétiennes.»

Près de nonante pour cent des cinquante-six millions d’habitants du pays sont bouddhistes, la plupart appartenant à l’ethnie birmane. Les Kachins, comme six autres ethnies minoritaires qui vivent le long des frontières avec la Chine, la Thaïlande et l’Inde, ont eu des groupes armés et non armés qui se sont battus pour leur indépendance et leur autonomie durant des décennies contre les régimes militaires successifs.

Les combats entre l’armée birmane et l’organisation pour l’indépendance du Kachin (KIO) ont commencé en juin. Mais les groupes armés ne sont pas la seule cible des troupes birmanes, selon le rédacteur en chef, lui-même chrétien kachin.

Lors de l’attaque du 16 octobre, cent cinquante soldats d’un bataillon d’infanterie ont envahi Nam San Yang, village de la région de Daw Phung Yang (Etat de Kachin) situé à la frontière avec la Chine, a rapporté Mizzima, agence de presse birmane installée à Delhi. Les membres d’une église qui se préparaient pour la messe du dimanche ont entendu des coups de feu et ont vu des soldats s’approcher. Lorsque ces derniers ont ouvert le feu, les croyants se sont couchés par terre. Personne n’a heureusement été blessé.

Les soldats s’en sont pris au prêtre Jan Ma Aung Li et à quatre autres personnes. «Ils ont dit que tous les hommes étaient des miliciens ou des membres du KIO», rapporte Jan Ma à Mizzima. Les soldats ont demandé aux chrétiens où étaient entreposées les armes et les bombes. Lorsque les cinq détenus ont dit qu’ils n’étaient pas membres du KIO, ils ont été frappés avec la crosse des fusils ou les bottes des militaires; ces derniers ont ensuite fouillé toute l’église à la recherche des armes. «Puis ils nous ont attaché les mains avec des câbles et nous ont emmenés.» Après une longue marche, ils sont arrivés à une église baptiste et des soldats ont mis le feu à la maison du prêtre Jan Ma Aung San. Les militaires leur ont demandé d’informer le KIO que l’armée allait attaquer leur quartier général à Laïza avant de les relâcher.

Lorsque les chrétiens sont arrivés à leur village, ils ont trouvé leurs maisons incendiées.

Source : AEM
 
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